retour à la case depart

Deux ou trois jours après, je me sens déjà mieux. Grace aux conseils du docteur Bahamida, la plaie est moins infectée, j’ai moins mal ; mais je découvre que des selles s’échappent de la plaie. J’en parle au docteur qui me dit qu’il soupçonnait cela et qu’il n’avait pas voulu m’alarmer avant d’être sur. 

A partir de ce moment, commence la deuxième partie de l’aventure dont la fin, je vous l’avoue, n’est toujours pas connue. 

Le docteur m’oriente vers sa collègue, professeur en gastro-entérologie, dans la même clinique. Celle-ci me confirme la présence d’une fistule recto vaginale. En terrien, ce la veut dire que l’épisiotomie a été mal faite. Quand on a incisé, on a touché le rectum. Du coup, je me retrouve avec une communication entre le rectum et la plaie d’épisiotomie. 

On me demande de repartir  à beni messous parce que médicalement c’est à eux de reprendre leurs erreurs médicales. Je pleure mais je n’ai pas le choix. A beni messous, on me demande une rectoscopie que je fais et on me dirige vers la chirurgie. Personne ne veut reconnaitre la responsabilité de l’hôpital dans ce qui m’arrive. Le chef de service affirme même : c’est normal, elle n’a rien du tout. Mon mari et ma sœur font un tapage, j’entends leurs cris de la voiture. Finalement le professeur du service gynécologie, intrigués par les cris sortira par hasard de son bureau. Il demande à me voir et me programme le surlendemain. Il veut reprendre la plaie d’episio, pour la fistule on verra plus tard. 

Mercredi 9 juillet, morte de peur, j’arrive à l’hôpital à 8heures du matin comme on me l’a demandé.  Aucun employé n’arrive avant 9 heures. Ça prend une demi heure pour expliquer ce que je viens faire. Finalement on me donne des papiers à remplir et on me demande de patienter dans une pièce. Les opérations ne commencent pas avant 11 heures parce que ils n’y a plus de draps stériles. On vient enfin me chercher, on me demande de me déshabiller et de me couvrir avec un drap tout déchiré. La salle d’opération me rassure un peu car c’est la seule pièce propre et moderne que j’ai vu a l’hôpital. L’anesthésiste essaye a 3 reprise de pratiquer une péridurale mais n’y arrive pas. J’insiste pour avoir une anesthésie générale car je ne veux rien voir ni entendre. 

A mon réveil, je suis nue sur une table au milieu d’un couloir, personne ne vient me voir avant une heure au moins. La première personne que je vois en sortant du bloc c’est mon mari. Comme pour mon accouchement ; il a tenu sa promesse. On m’installe dans une chambre. Le professeur me donne la consigne de ne rien manger de solide. L’infermière de garde est très gentille mais complètement débordée car elle doit surveiller deux étages à cause d’une absence. La femme qui partage ma chambre est la pour un fibrome, on parle un peu, on échange nos souffrances. Elle est pauvre mais amoureuse. Elle rêve d’avoir un enfant. Je relativise un peu. Je rêve de voir ma fille. Je sors au bout de 24 heures après avoir longuement insisté pour quitter l’hôpital. 

Je passerais les 10 jours qui suivront chez ma mère, mon mari prend un congé et ne me quitte pas. Je ne mange rien d’épais ou de solide pendant 10 jours. Je me nourris de tisane et de bouillon.  Je suis faible. J’ai perdu 15 kilos depuis mon accouchement. Mais je me sens mieux. Un médecin m’enlève les points de suture. La fistule est toujours la, mais je dois apprendre à vivre avec. 

Je retourne voir le professeur à beni messous, il a déjà oublié mon cas et me parle a peine. Il me demande de revenir dans 3 mois. 

 

Nous sommes le 22 juillet, ma fille a un mois. J’apprends enfin à la connaître. Je ne la quitte plus. J’espère juste qu’elle m’aimera. 

 

Je passe les deux mois qui me restent de mon congé maternité à gâter ma fille.  Elle devient le centre de ma vie. Je veux lui éviter toutes les souffrances. Elle me le rend bien. C’est une petite fille adorable qui rit tout le temps et qui me surprend tous les jours. 


Archive pour novembre, 2008

une lueur d’humanité

Les dix jours qui suivent se ressembleront dans la douleur. Chaque mouvement est une souffrance. Je ne peux toujours pas m’asseoir. Mes passages aux toilettes sont des épreuves. Je souffre atrocement. Je pleure sans arrêt. 

Ma fille me réclame, elle veut manger. J’ai très peu d’intérêt pour elle. Tout ce que je veux c’est que cette douleur s’arrête. 

Mes parents viennent me voir. Personne ne comprend pourquoi j’ai aussi mal. 

 

Le 10 eme jour je me rends à l’hôpital pour enlever les points de suture. On me dit, qu’il faut aller à un centre de proximité. Je me rends donc a la polyclinique et la on me dit qu’on ne le fait pas. Je fais ainsi deux clinique, et toujours la même réponse. Je me rends chez la gynéco d’Hussein dey. Elle me dit de revenir l’après midi. Au total nous aurons fait le tour d’Alger pour un truc qui doit prend 5 minutes. Au hasard nous allons voir une gynéco que nous connaissons, elle m’ausculte et me dit qu’il y a infection, que la plaie d’episio est ouverte. Elle refuse de me toucher. Je vais d’urgence dans une clinique privée car je ne veux absolument plus retourner à l’hôpital. 

Nous allons à la clinique Djazzia, la sage femme qui me voit me dit que je vais avoir une septicémie et que je risque de mourir (sympa !). 

Je n’en peux plus, j’ai mal, je pleure. Je décidé de rentrer à la maison et advienne que pourra. 

Ma sœur contacte des gens qu’elle connaît et on m’oriente vers la clinque shahrazede à cheraga. Cette clinique on m’en a déjà parlé, une amie et son bébé ont failli y mourir par négligence. 

Il fait 40 degrés en ce mois de juillet, nous nous dirigeons vers cheraga et je ne cesse de pleurer de fatigue, de lassitude. 

Je rencontre le docteur BAHAMIDA. Ça sera le seul médecin dont je cite le nom tant je lui suis reconnaissante. C’est le seul médecin humain que j’ai rencontré depuis le début de ma grossesse. Il a été extrêmement gentil, patient, rassurant. Il m’a examinée, nettoyé la plaie, enlevé les points infectés. Il nous a même fait un dessin pour nous expliquer la situation. Il nous a expliqué quoi faire, nous a rassuré et m’a demandé de revenir le lendemain.  A ce médecin, je voudrais dire MERCI. 

Je passe ainsi quelques jours à souffrir, je vois Docteur Bahamida tous les deux jours, mon mari m’aide et me soutient énormément. Et mon bébé dans tout ça ? Je commence à m’habituer à elle-même si je suis trop prise dans mes problèmes pour réellement penser à elle.      

accouchement

La nuit commence lentement. Je me demande à quelle heure j’accoucherais, si je vais avoir très mal. J’essaie de me trouver un petit bout de lit pour dormir un peu mais les contractions et la peur m’empêchent de fermer les yeux. Les heures passent lentement, 22h, 23h, minuit. Mon mari m’appelle toutes les 10 minutes mais j’arrive de moins en moins à parler. La douleur s’accentue. Je pense avoir de la fièvre et j’ai peine à tenir debout. Pourtant il faut bien puisqu’il n’y a ni chaise ni lit de libre. Une infirmière vient me placer une poche de sérum et un antibiotique. De temps en temps, on vient chercher une des femmes, certaines reviennent, d’autres non, on les verra sortir sur une chaise roulante, leur bébé au bras. 

Je passerais toute la nuit ainsi ; à faire des allers retours entre la salle d’attente et les tables d’accouchements, mais le moment n’est toujours pas arrivé. Aucun mot ne saurais décrire cette nuit la, la souffrance, les cris, la saleté, l’humiliation. Moi-même de nature si réservée, je me surprends à frapper les murs et à hurler tant la douleur est intense. Une nuit hors du temps et de l’espace. 

Vers 9 heures du matin, je n’ai toujours pas accouché. Je n’en peux plus. Je rassemble mes forces pour supplier les sages femmes mais il n’y a plus personnes. C’est l’heure de la relève. Le service de nuit est fini, tout le monde est parti. Seule une femme de ménage fait le parterre et fait mine de ne pas entendre nos supplications. Il faudra attendre une heure pour que les nouvelles arrivent. Elles prennent leur temps et sont surprises de nous voir si pressées d’en finir. 

Ce sera seulement à 11 heures que je monterais sur la table, l’accouchement prend 5 minutes, presque sans douleurs. Episiotomie faite d’un coup rapide. On me jette littéralement ma fille sur mon ventre, pas pour faire connaissance, mais tout simplement parce que c’est le seul endroit ou la mettre. Le cordon est vite coupé, on emmène ma fille et on me dit que je fais une hémorragie. Tout le personnel accoure, on essaie de trouver l’origine, je perds presque conscience, tout ce que je vois c’est des compresses trempées de sang, j’ai peur, j’ai mal. Une sage femme commence à me recoudre…à vif…la douleur est telle que je ne peux m’empêcher de bouger, elle me hurle : restes tranquille !!! Tu veux mourir ???!!!!! 

Je resterais sur la table pendant deux heures, la couture prend un temps fou, je suis épuisée. On me demande enfin de me lever, je ne peux même pas sentir mes jambes. 

Une femme m’aide à me mettre sur un fauteuil, on me donne ma fille et on m’emmène vers une chambre. Je reconnais deux femmes que j’avais vues, elles ont l’air en pleine forme. Est-ce que c’est moi qui suis si douillette ? 

Je vois enfin mon mari. J’ai juste envie de rentrer à la maison. Je ne fais même pas attention au bébé. Ma famille m’oblige à manger un peu pour récupérer, à peine le temps de les voir qu’il est déjà l’heure de partir. Je me retrouve seule avec ma fille. Je n’arrive ni a m’assoir ni à m’allonger, ni à me mettre debout. J’ai très mal. Le bébé pleure, j’essaie de lui donner a téter mais je ne sais pas m’y prendre. Une des femmes la prend, la câline et me reproche mon manque de tendresse. Je me tors de douleur alors l’instinct maternel…. 

Je sors de l’hôpital au bout de 48 heures  après avoir partagé le lit avec deux autres femmes. Ma fille est affamée, tout ce que j’ai pu lui donner c’est un peu d’eau et de sucre. Je peux à peine marcher. La douleur ne me quitte pas. C’est seulement plus tard que je saurais que cette souffrance n’a rien de normal. 

mauvaise blague

Hors de moi, épuisée, à bout de nerf ; j’ai décidé que j’accoucherais cette semaine, même si devais sauter a pieds joins pendant une heure pour déclencher le travail. Ma mère, ma sœur, ma belle mère et moi nous avons décidé d’aller à l’hôpital de Beni Messous voir la tante d’un ami de ma sœur qui est sage femme et qui pouvait m’aider. 

Direction beni messous de l’autre coté de la ville. Nous trouvons la sage femme hallucinée qu’au 9eme mois on puisse se retrouver sans aucun suivi. Elle me fait une ERCF, et un décollement pour déclencher les contractions. Nous quittons l’hôpital à 13h et rentrons à la maison a 15h. Quelques minutes après, je perds les eaux. La panique me prend, je me change, me lave, appelle mon mari et nous repartons a l’hôpital de beni messous .  Arrivée aux urgences, on constate que le liquide que je perds n’est pas clair, qu’il y a probablement souffrance du bébé…et on me demande de repasser une ERCF. Nous remontons en voiture, affrontons les embouteillages et arrivons finalement à trouver une clinique privée à el biar pour l’examen. Tout le monde en route vers beni messous à nouveau. Ceux qui connaissent un peu Alger comprendront toute la difficulté de la chose. Nous arrivons finalement à l’hôpital à 19h. La sage femme de garde me dit de monter à l’étage. Je suis debout depuis 7h du matin et je commence à avoir mal. Je pense trouver une chambre, un lit, une chaise, un tabouret…ce qui m’attend c’est la pire nuit de toute ma vie. On me montre une chambre de 2mx3, sans vitres aux fenêtres, deux lits, des sanitaires délabrés ou les femmes de ménages viennent jeter le sang et le placenta des femmes qui viennent d’accoucher (sans jeter d’eau après ça) et une dizaine de malheureuses qui hurlent de douleur. 

Les accouchements se font dans une pièce ouverte, ensanglantée, pleine de souillures. Les femmes accouchent sur deux tables. Absence d’hygiène totale. Aucune pudeur, aucune humanité. Nous sommes réduites au stade d’animaux, de femelles mettant bas sous les cris moqueurs, les insultes et les regards cruels du personnel hospitalier. 

Je n’ai qu’une envie : rentrer chez moi, revenir en arrière, que cette mauvais blague finisse. Moi, la diplômée, la fille pieuse comme j’aime a le croire, la « independant woman » travaillant pour une multinationale, comment est ce que j’ai fait pour me retrouver la ? je supplie le médecin de garde : faites moi une césarienne svp… elle rit, le dit aux autres sages femmes, infirmières et Cie, elles éclatent toute de rire. Je retourne dans la pièce collective, dans cet abattoir à rêves, pour cette nuit sans fins ou j’allais laisser ma dignité et mes illusions. 

le long chemin vers le desespoir

Ayant enfin trouvé les mains, nous devions néanmoins continuer à surveiller le manque de liquide. Malgré mon angoisse j’essaie de savoir ou je vais accoucher, qu’est ce que je dois préparer… la encore, ma gynéco ne me dit rien. J’ai compris bien après mon accouchement qu’elle pensait le bébé non viable. 

Quoi qu’il en soit nous sommes arrivés à terme tant bien que mal. Il était enfin temps de parler d’accouchement. Moi qui pensais aller en clinique privée ou même être encadrée pour un accouchement a l’hôpital, j’allais en avoir pour mon argent. Ma gynéco me donne le nom d’un médecin à l’hôpital de Kouba en me disant d’aller la voir. 

C’est ainsi que j’ai compris Kafka. Non, c’est ainsi que je suis devenue un de ses personnages. 

Samedi matin 9h, je vais voir le docteur en question. Elle n’est toujours pas arrivée alors on attend.  Attendre a l’hôpital cela veut dire faire des aller retours entre les différentes portes en questionnant toutes sortes de gens pressées en blouses blanches, vertes, roses, bleues, sales. Ceux-ci s’arrêtent juste pour vous dire : le docteur M ? C’est de l’autre coté !…mais bon sang, c’est ou l’autre coté !!!!! de l’autre coté de quoi !!!!! De l’autre coté l’herbe est toujours plus verte ; ça c’est sur. 

Nous avons enfin aperçue le médecin selon la description dont que nous a faites le planton. Nous essayons de l’aborder mais elle nous remballe en disant ne pas nous connaître, ni connaître ma gynéco …sympa. Je lui remets tant bien que mal la lettre avec déjà les larmes qui me montent aux yeux, hormones de femmes enceinte au 9eme mois oblige. 

Elle me demande descendre aux urgences voir avec la sage femme. Apres une heure supplémentaire d’attente debout dans une salle qui pue avec des femmes en plein travail. La sage femme me reçois, m’examine et me demande d’aller faire une ERCF dans un cabinet privé.  ERCF, le mot magique ! Je prends mon gros ventre et nous continuons le périple vers un cabinet de gynéco à Hussein dey. La je dois m’attarder quelques lignes sur cette gynécologue. Bien qu’étant compétente, on dirait qu’elle veut tout faire a la fois. Elle a ses patientes, fait des ercf, des INSEMINATION ARTIFICIELLES et pratique dans une clinique privée à Saïd Hamdine, tout ça en 5 heures de travail coupées par une pause déjeuner de 1h30… 

Bref, elle me fait donc l’ERCF (une sorte de ceinture qu’on vous place sur le ventre pour écouter le cœur du bébé).  Tout est normal. Elle me passe une écho et me dit que le liquide est en quantité normale mais que par contre le placenta est calcifié, en français : vieux. Et me propose de venir à la clinique privée. 

Mes résultats sous le bras, je retourne voir la sage femme de l’hôpital qui me dit de refaire une ercf+ écho tous les deux jours et de la lui ramener. Pour info, l’ercf coute 800 da, l’écho 600 da. 

Deux jours après, je refais les mêmes examens et je retourne à kouba. Sous la pression de ma belle mère, j’essaie de trouver le docteur M ; celle-ci est choquée que la sage femme m’aie envoyée chez une privée et me le reproche presque. Elle me demande de la suivre, me fait passer une écho et me dit que tout est normal, que le liquide est en quantité suffisante et qu’il me reste encore un mois a tenir. Mais qu’il faut revenir tous les deux jours pour faire une ERCF. Elle me demande de faire l’ercf tous les deux jours à l’hôpital (car bien sur ils disposent de tous les appareils mais c’est pas pour s’en servir, c’est pour faire High Tech). Elle me laisse aux soins d’une sage femme gentille mais débordée et désabusée. C’est elle qui me suivra tous les deux jours ; sauf les jours ou elle reçoit le peintre, les jours ou elle a une rage de dent et ceux ou elle est malade. Moi bien sur j’aurais fait le déplacement et couru 2 heures dans les couloirs pour la localiser. 

J’ai essayé vainement de comprendre pourquoi ma gynéco m’avait laissé tomber, et surtout quelle etait la situation réelle, y avait il un danger pour le bébé, ou allais je accoucher, quand ? Comment ? Cela a duré un mois, un long mois à faire des aller retours entre la maison et l’hôpital, le dernier mois de ma grossesse qui est sensé être celui ou on se repose, ou on est zen et ou on attend le plus bel événement de sa vie. 

Je ne mentionne même pas le fait que je travaille et que j’ai du prendre un congé.  Le samedi 21 juin, ayant déjà dépassé mon terme de 5 jours ; je vais encore une fois a l’hôpital et la on me dit que ni l’infirmière ni le médecin sont la, l’une étant en congé l’autre en séminaire en France pour 10 jours… personne pour prendre le relais. Je suis livrée a mon sort, sans médecin, sans sage femme, sans papier me permettant d’être admise a kouba…rien qu’une lassitude intense, une envie permanente de pleure et de faire marche arrière pour revenir 9 mois en avant. 

bébé sans main

Je retourne donc voir ma gynéco un jeudi matin. L’écho se fait et la toujours le manque de liquide amniotique. Mais en plus, elle me lance qu’elle n’arrive pas a voir les mains d bébé et qu’elle ne se rappelle pas les avoir vues durant l’écho de 4 mois…incroyable mais vrai.

Même si aujourd’hui, ça me semble un peu absurde : un bébé sans main ; à ce moment la, j’ai du avoir la pire frayeur de ma vie. Et les mots du docteur R : maintenant de toute façon on ne peut rien faire (pourquoi, avant on aurait tenté un avortement ???!!!!)

En urgence, nous nous sommes dirigés vers un autre médecin, dans la clinique privée ou docteur R pratique ses accouchements, qui a confirmé la même chose : le bébé ne montre pas ses mains. Encore plus qu’avant panique générale et crise de larmes. Le weekend qui suit fut terribles, pleurs, angoisses ; et presque des regrets de s’être si vite embarqués dans une grossesse.

Nous devions trouver un médecin qui nous ferait une écho en 3D. Durant une semaine, la quête du graal fut longue et pénible..Et comme toujours infructueuse : Pas de 3D en Algérie, ou peut être un appareil qui se balade a travers le territoire national.  

La semaine suivante, on refait une écho chez un autre gynéco et la : la première chose qu’on voit sont les mains du bébé. Deux jolies petites menottes avec le nombre parfait de doigts.

Deux semaines d’angoisse, deux semaines de bonheur en moins.

Je ne reproche pas aux médecins de m’informer de leurs craintes. Aujourd’hui, avec le recul, je leur reproche leur manque d’empathie, de tact, et le fait qu’à 6 mois on soit incapable de dire si l’écho de 4 mois a révélé des anomalies.  

le commencement: grossesse et prejudices

Deux traits rouge sur un bout de plastique blanc. C’est comme ça que tout a commencé. Parce qu’il faut bien tomber enceinte même si à ce moment la on ne réalise pas vraiment ce que cela veut dire ni ce que cela implique. Je me suis embarquée pour l’odyssée de la vie pour 9 mois minimum comme des milliers de femmes algériennes chaque année et c’est comme ça que l’aventure a commencé. De la grossesse à la dépression post-post-post-partum ; ou la réalité sordide de la médecine en Algerie… Je me suis naturellement orientée vers le médecin de ma mère, Docteur R. comme nous l’appellerons (ayant son cabinet dans une ville proche de Zeralda, dont on dit : La Hbib, La ouali…) ; sauf que je n’ai pas pris en compte le fait que ma mère a 60 ans et 4 enfants et que mis a part des contrôle deux fois par an, la gynécologie est derrière elle. Quoi qu’il en soit, l’échographie a bien confirmé une grossesse de trois semaines. Une liste exhaustive d’analyses à faire et déjà le sentiment que ce n’est comme ça que tout doit se passer. Les semaines passent, les visites se ressemblent, les nausées me tourmentent et mes pantalons rétrécissent. C’est seulement au 6eme mois que ça se gâte. Une visite comme toute les autres et voila que l’échographie révèle un manque de liquide amniotique. La mine du docteur R. qui s’assombrit et mon cœur qui sort presque de mon hidjab. Est-ce que le bébé va bien ? Est ce que c’est grave ? Quels sont les risques ? Qu’est ce que j’ai fait de mal ? A ces questions pas de réponses, Docteur R se contente de me dire qu’il faut surveiller ça et me demande de revenir dans une semaine. Que fait une jeune femme enceinte en 2008 quand elle veut avoir une info ? Elle demande a qui ? À Google bien sur. Et la je n’ai pas été déçue. Manque de liquide amniotique, malformation, trisomie 21, accouchement prématuré…angoisse totale et panique dans le couple. Je pleurais chaque jour en me demandant ce qui allait arriver.

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